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Initiation au sacrement de la réconciliation
Article mis en ligne le 16 février 2015
dernière modification le 27 septembre 2015
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Initiation au sacrement de la réconciliation
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Initiation au sacrement de réconciliation

Très chers amis,

Depuis mon arrivée sur le secteur, j’ai passé en revue avec vous le sens profond de nos cellules, qui est tout centré sur l’évangélisation au sein de la paroisse, et sur les différentes étapes du déroulement concret de nos réunions. Ultérieurement, je poursuivrai l’approfondissement du processus d’évangélisation. Je veux maintenant changer un peu de sujet pour vous permettre d’approfondir votre propre vie chrétienne.

Plusieurs demandes ayant été faites d’un enseignement sur la confession, le sacrement de réconciliation, je profite du début du Carême pour éclairer ce sujet à partir d’une idée centrale de notre foi : la religion chrétienne n’est pas autre chose qu’une amitié intime partagée par l’homme avec Dieu lui-même, qui s’est fait un homme comme nous, le Seigneur Jésus. Cette amitié intime est voulue par Dieu lui-même, et il y invite tous les hommes sans exception.

Cela est particulièrement bien exprimé dans la parabole des invités au festin des noces. Nous ne pouvons pas nous y dérober, puisque Dieu lui-même nous y invite. C’est même le sens profond et unique de toute notre existence. Nous avons été créés pour cela : pour connaître et aimer Dieu, et ainsi partager la vie éternelle de Dieu.

Nous sommes faits pour vivre dans l’amitié de Dieu. Par le péché originel, cette amitié des hommes avec Dieu a été rompue et perdue. Et par lui-même, livré à ses propres forces, l’homme était incapable de la retrouver. C’est Dieu lui-même qui par une initiative gratuite d’un amour fou, a voulu nous restaurer dans son amitié. A notre baptême, nous avons été lavés du péché et établis dans l’amitié avec Dieu, c’est ce que nous appelons la sainteté. Saint Paul emploie souvent ce terme dans ses lettres aux premières communautés chrétiennes. Il les adresse aux saints de l’Église de Dieu qui se trouvent dans telle ou telle ville.

Nous avons été établis à notre baptême dans un état objectif de sainteté, d’amitié réelle avec Dieu. Cette amitié plantée en germe dans notre âme ne demande qu’à grandir et se déployer tout au long de notre existence. Encore faut-il faire notre part d’effort pour l’aider à se déployer pleinement. Cette amitié entre Dieu et nous présente certaines particularités :

Notre ami Jésus est :

1) à la fois pleinement Dieu et pleinement homme en une seule personne qui parle : Jésus.

2) toujours parfait, il ne se trompe ni ne trompe jamais personne. Il est irréprochable, toujours infiniment délicat et respectueux de notre liberté.

De mon côté, je suis seulement un pauvre homme pécheur, toujours en-dessous de l’amitié très délicate qu’il m’offre. Comme un goujat, je l’offense souvent, je le blesse en le froissant, en décevant les attentes immenses qu’il a mises en moi.

Et pourtant, c’est bien lui qui a voulu une telle amitié, et qui ne cesse jamais de m’y inviter ou de m’y ramener.

Alors, comment vivre ce déséquilibre constant ? Comment faire avec mes péchés ? Qui m’en délivrera ? Comment affronter ce mal dont une part de moi-même a été complice ?

Pour nous y aider, regardons le Seigneur Jésus dans l’évangile : quelle est l’amitié entre Jésus et une autre personne qui soit la plus documentée dans l’évangile ? Clairement, il s’agit de l’amitié entre le Christ et son apôtre saint Pierre. L’amitié entre Pierre et Jésus est très belle, très grande, très chaste, très sincère,

Et pourtant ... lorsque le Christ annonce au soir du Jeudi saint que tous vont l’abandonner dans la tourmente qui s’annonce, Pierre proteste en affirmant publiquement que lui le suivra jusqu’à la mort s’il le faut. Alors Jésus lui prophétise tristement que cette nuit-même, avant que le coq ne chante deux fois, Pierre l’aura renié trois fois. Peu de temps après, dès l’agonie de Jésus au jardin des oliviers, alors que Jésus le supplie instamment de veiller et prier avec lui pendant qu’il est submergé de tristesse et d’amertume intérieure, Pierre dort avec Jean et Jacques, submergés qu’ils sont déjà par le climat angoissant, fuyant dans l’inconscience du sommeil la crainte de ce qui va survenir. Au moment de l’arrestation, Pierre a un sursaut de courage et de bravoure purement humaine. Il sort l’épée pour défendre Jésus et il coupe l’oreille droite de Malchus, un homme de main du grand-prêtre. Mais Jésus ne veut pas de cela car cela s’oppose à la volonté de Dieu le Père : il rabroue Pierre en lui ordonnant de remettre son épée au fourreau et en remettant l’oreille coupée. Alors Pierre ne comprend plus rien, et il fuie. Mais avec l’apôtre Jean, il va suivre de loin pourtant Jésus arrêté et ligoté qui est conduit de nuit chez le grand-prêtre. Dans la cour du grand-prêtre, autour d’un feu où tous se réchauffent, Pierre et Jean sont mélangés au milieu des ennemis de Jésus. L’évangéliste saint Luc fait remarquer qu’il y a d’abord les deux premiers reniements, où avec un peu de bienveillance pour Pierre, on peut lui trouver l’excuse de la surprise et de la pression hostile du milieu où il se trouve. Mais Luc précise qu’il se passe près d’une heure entre les deux premiers et le troisième reniement. Pierre n’a plus d’excuse. La troisième fois, il sait pertinemment ce qu’il fait, il persiste et signe dans son reniement. Les trois phrases suivantes sont bouleversantes. Aussitôt, un coq chanta. Le Seigneur se retournant, croisa son regard avec celui de Pierre. Aussitôt, Pierre sortit, et il pleura amèrement. Le chant du coq simultanément avec le croisement de regard font brutalement prendre conscience à Pierre de ce qu’il vient de faire. Si vous voulez comprendre la confession, il est de la plus haute importance de bien saisir ce que Pierre a lu et compris dans le regard de Jésus. Dans le regard de Jésus, Pierre découvre deux choses : d’abord il mesure la blessure profonde et la tristesse qu’il vient d’infliger à Jésus par son reniement, et il en est brisé de honte : lui qui se croyait le meilleur ami de Jésus, il vient de le renier devant ses ennemis, mais surtout il mesure la blessure qu’il inflige à Jésus. Plus un amour est grand et délicat, plus la blessure faite à cet amour est grave. Et en même temps, Pierre découvre avec une stupéfaction totale qu’il n’y a ni haine ni rejet dans le regard de Jésus, seulement une peine immense qui signifie une amitié toujours offerte. C’est cela qui va sauver Pierre : son orgueil spirituel de se croire l’ami indéfectible de Jésus, en s’appuyant sur ses seuls sentiments humains, vole en éclats. Pierre ne va plus aimer Jésus parce qu’il sent en lui-même de nobles sentiments pour Jésus, mais bien parce que Jésus continue à l’aimer alors même qu’il vient de le renier.

Le premier élément de la confession, c’est la contrition qui va brûler le cœur de Pierre jusqu’au dimanche de Pâques, c’est le feu de l’amour qui va nettoyer le cœur brisé de Pierre et le laver dans un torrent de larmes. La contrition, c’est le repentir, et cela n’a strictement rien à voir avec le remords. Le remords est stérile : par le remords, je me regarde dans un miroir et je me trouve moche moralement. Je me méprise, je me détruis intérieurement sans rien améliorer à la. Le repentir au contraire m’évite de me regarder moi-même en me forçant à accepter le regard miséricordieux de Jésus sur moi. La contrition, c’est un amour qui cherche à réparer, à redonner tout l’amour pour réparer l’offense. La demande de pardon, l’acte de contrition, c’est déjà une déclaration d’amour faite à Jésus.

Ensuite, le jour de Pâques, dans l’évangile de Luc, au moment où les disciples d’Emmaüs reviennent enthousiastes à Jérusalem pour annoncer qu’ils viennent de rencontrer Jésus ressuscité, ils découvrent que les disciples restés à Jérusalem sont déjà au courant de la résurrection, parce que le Seigneur Jésus est déjà apparu à Pierre depuis le matin. Et pourtant, on ne trouve aucun autre détail dans les 4 évangiles sur cette apparition de Jésus en tête-à-tête avec Pierre. Mais nous pouvons tous l’imaginer aisément : Pierre qui tombe à genoux en pleurs aux pieds de Jésus, et Jésus qui le relève, lui pardonne et l’embrasse. Les détails de cette rencontre sont gardés secret car il s’agit du secret de la confession qui couvre les deux éléments les plus importants de la confession : l’aveu et l’absolution.

L’aveu : pour se réconcilier, il faut explicitement demander pardon de ce qu’on sait avoir fait de contraire à l’amour de l’autre. L’aveu doit être complet et sincère. On demande pardon à Dieu explicitement en s’accusant de tous les péchés graves dont on a conscience. Ce serait absurde, invalide et sacrilège d’en taire ou d’en cacher un. Il est bon d’accuser les péchés dits véniels, qui ne font pas perdre l’amitié de Dieu, même s’ils le blessent.

L’absolution : il m’est indispensable de m’entendre dire que je suis pardonné. Par la bouche du prêtre qui est son ministre visible sur la terre, j’ai la certitude absolue que Dieu m’a vraiment pardonné, alors même peut-être qu’humainement je ne pensais pas pouvoir être pardonné.

La confession individuelle devant un prêtre garantit cette richesse humaine et divine inouïe de l’aveu et du pardon.

Il reste encore un élément-clé de la confession que nous retrouvons dans l’amitié entre Jésus et Pierre. Dans les 40 jours qui séparent Pâques du jeudi de l’Ascension, Jésus ressuscité apparaitra encore aux disciples à l’occasion d’une nouvelle pêche miraculeuse. Après le repas, l’évangéliste Saint Jean nous rapporte la triple question de Jésus à Pierre devant les disciples présents : Pierre, m’aimes-tu ? Cette question appelle la triple déclaration d’amour de Pierre destinée à réparer le triple reniement. Cette réparation, nous l’appelons aussi la pénitence. Dans la confession, le prêtre invite le pénitent à accomplir une œuvre, une action concrète extérieure ou intérieure qui manifeste le désir sincère de conversion pour réparer ou compenser le mal commis.

Généralement, cette pénitence s’accomplit après la confession.




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