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Article mis en ligne le 4 avril 2012
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Débat intéressant sur la laïcité à la MJC de Combs-la-Ville !

Le jeudi 29 mars a eu lieu, à l’initiative et dans les locaux de la Maison des Jeunes et de la Culture de Combs-la-Ville un débat fort intéressant auquel étaient invités les différents responsables religieux de la ville.
- L’iman et des membres de la communauté musulmane,
- ainsi que le Père José et des membres de la communauté catholique _ avaient répondu à cette invitation et l’échange fut riche et fort intéressant.
Nous avons noté certains passages de l’intervention du Père José :

« Le principe de laïcité est inscrit dans la Constitution et a été précisé par plusieurs textes, dont le plus important reste la loi de 1905. Le principe de laïcité garantit
- l’indépendance et la neutralité de l’Etat par rapport aux religions, -mais aussi la liberté de conscience, et donc de religion, des citoyens -ainsi que le libre exercice des cultes.
La Laïcité de l’Etat français ne signifie donc pas l’ignorance ou la méconnaissance des religions et de l’apport de celles-ci à la société. La laïcité est un cadre qui permet à tous, croyants ou non-croyants, de vivre ensemble. Aujourd’hui, l’application du principe de laïcité est à nouveau au cœur de l’actualité. L’Eglise catholique suit ce débat avec grand intérêt et y apporte sa réflexion à différents niveaux. Elle s’inscrit sans problème dans le cadre laïc. Il est vrai qu’il n’en allait pas de même en 1905. En un siècle, tant la société française que l’Eglise catholique ont changé et plusieurs documents retracent cette évolution…

Avant 1904, date de l’abrogation unilatérale, par le gouvernement français, du concordat de 1801, les relations entre l’Eglise catholique et la République étaient régies par un accord de droit international. Et l’Eglise catholique était reconnue comme un établissement de droit public. Par décision de l’Etat, ce même statut d’établissement public avait été donné aux Communautés Protestantes et Israélites, respectivement en 1802 et en 1808.
A partir de mai 1904, on se trouve , de facto, dans une situation de vide juridique, mais les communautés, jusque là reconnues, subsistent. Et c’est justement parce qu’elles étaient connues et identifiées que leur séparation d’avec l’Etat a été possible.
Dans son rapport parlementaire de mars 1905, Aristide Briand propose une rupture complète avec toutes les politiques menées jusque-là en France, en matière religieuse. En effet, tous les Régimes successifs, au moins depuis Philippe le Bel (14e siècle) avaient cherché à organiser le contrôle de l’Etat sur l’Eglise catholique, alors unique religion officiellement reconnue en France. Pour cela il fallait essayer de constituer une « Eglise de France » plus ou moins séparée de Rome. Cette politique avait culminé dans la « Constitution civile du clergé », imposée par l’Assemblée Constituante, en 1790. A. Briand propose de changer de perspective : non plus séparer l’Eglise de France de Rome, mais séparer l’Eglise de l’Etat. Ce point de vue ayant été adopté, on se trouve donc, en décembre 1905, en présence de trois cultes (Israélite, protestant et catholique) de facto séparés de l’Etat.
Pour l’avenir, la loi de 1905, prévoit de transformer les anciens établissements publics en associations culturelles chargées de représenter les trois cultes qui cessent ainsi d’être juridiquement « reconnus » mais qui ne cessent pas pour autant d’exister et donc d’être « connus » des pouvoirs publics. L’article 4 de la loi de 1905 le stipule explicitement.
Pour des raisons qu’il serait trop long d’expliciter ici, l’Eglise catholique attendra 1924 avant de mettre en place les associations culturelles, dites Associations diocésaines, qui constituent son organisation juridique vis-à-vis des pouvoirs publics.
En plus de la question des associations cultuelles, deux motifs de contentieux existaient en 1905 :
- la reconnaissance des Congrégations, en vertu du titre III de la loi de juillet de 1901, et
- le financement des écoles catholiques, ou « écoles libres ».
La suspension de cet article III de la loi sur les associations, le 2 aout 1914, a permis aux religieux exilés de revenir participer à l’effort de guerre et de rester en France par la suite.
Depuis 1970, une application libérale de cette même loi a permis la reconnaissance légale de la plupart des congrégations religieuses catholiques, et aussi de communautés d’autres obédiences.
Pour les Ecoles, la loi Debré de 1959 a permis leur association par contrat au Service public de l’Education.
Enfin depuis 2002, la mise en place de l’instance dite « de Matignon » permet des rencontres régulières entre les représentants de l’Eglise catholique et le Gouvernement.
_Aujourd’hui la présence des catholiques dans la vie publique, en France, se réalise de trois manières :
- Comme Église, ils sont représentés par les Associations cultuelles diocésaines, regroupant les paroisses et les séminaires.
- Ils sont présents dans la diversité de la Société Civile par de nombreuses congrégations et associations hospitalières, caritatives, scolaires ainsi que par de nombreux mouvements, aumôneries et services… organisés en association (loi de 1901).
- La « constellation « catholique s’exprime aussi à travers divers médias (Journaux, Radios, Télévisons, Sites Internet…).
_Citoyens à part entière, ils participent à la vitalité du pays par des engagements de toutes sortes.

C’est pourquoi, le 17 octobre 2011, Mgr Hippolyte Simon, archevêque de Clermont Fd et Vice–président de la conférence des évêques de France, a rédigé un texte à l’occasion du colloque « Vécu et promesses de la laïcité dans le cadre de la Loi 1905 », organisé par la conférence des responsables de culte en France au Palais du Luxembourg : « C’est pourquoi notre conférence a pu conclure ainsi notre propre relecture de la loi de 1905 et de sa mise en œuvre pendant le siècle qui vient de s’écouler : « Tout cela considéré, pour ce qui nous concerne, nous ne pensons pas qu’il faille changer la loi de 1905. Certes, il n’est pas dans notre intention de l’idéaliser. Mais, alors que la loi n’utilise pas le mot « laïcité », on en est venu à la considérer comme l’expression d’un équilibre satisfaisant des relations entre l’Etat et les organisations religieuses ; elle a acquis par là une valeur symbolique certaine. En conséquence, il nous semble sage de ne pas toucher à cet équilibre par lequel a été rendu possible en notre pays l’apaisement d’aujourd’hui… ».

Le Père José a terminé son intervention en citant le pape Jean-Paul II qui distingue laïcité et laïcisme. Ce dernier est une attitude hostile à toute religion, qu’il voit comme humiliation de la raison et source de violence et d’intolérance. Il s’acharnera à restreindre l’influence des Églises, à les évacuer du champ social et à cantonner leur message dans le seul domaine de l’intime et des croyances personnelles. A l’opposé du laïcisme, il est important de bien préciser la juste conception du principe de laïcité « qui appartient aussi, dit le Saint Père, à la Doctrine sociale de l’Eglise ». Il exprime la non-confessionnalité de l’Etat et la juste autonomie de l’Etat et de l’Eglise. L’Etat n’intervient pas dans la vie interne de l’Eglise et réciproquement l’Eglise n’intervient pas habituellement dans le fonctionnement de l’Etat et des pouvoirs publics, sauf quand le respect de principes fondateurs de notre vie sociale est en jeu.
Cette autonomie ne signifie pas ignorance mutuelle mais dialogue. Il est de la responsabilité de l’Etat d’assurer et de garantir le bon exercice de la liberté du culte, de permettre aux différentes religions d’apporter leur pierre à l’édification d’un vivre ensemble dans notre société et d’apporter leur contribution aux multiples débats qui traversent notre société. Le Pape souligne avec une grande finesse d’analyse que si l’on veut éviter un repli communautaire défensif et agressif de la part des communautés religieuses, seule une laïcité de dialogue permet à chacun de trouver sa place dans la société.

Il est heureux que de telles initiatives existent dans notre Cité et permettent, à des gens venus d’horizons et de cultures différents, de se rencontrer et de débattre.


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