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L’adoration, qu’est-ce que c’est ?
Article mis en ligne le 6 février 2017
dernière modification le 4 février 2017
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L’adoration, qu’est-ce que c’est ?

Ou demandé autrement par un membre d’une cellule : Comment peut-on rester si longtemps devant Jésus dans l’Eucharistie- sous-entendu : sans s’ennuyer - ? Beaucoup de chrétiens n’ont jamais eu l’occasion d’adorer vraiment, n’ont jamais eu d’explication théorique ou pratique pour vivre cette très belle dimension de la prière. En fait, il s’agit d’une forme particulière de l’adoration comme oraison qui se déploie spécialement devant le Saint Sacrement présent au tabernacle ou exposé sur l’autel.

La prière est l’élévation de l’âme vers Dieu. La tradition chrétienne comprend trois expressions majeures de la prière : La prière vocale, la méditation et l’oraison. Elles ont en commun le recueillement du cœur.

L’adoration est la première attitude de l’homme qui se reconnait créature devant son Créateur. Elle exalte la grandeur du Seigneur qui nous a faits et la toute-puissance du Sauveur qui nous libère du mal. Elle est le prosternement de l’esprit devant le Roi de gloire et le silence respectueux face au Dieu toujours plus grand. L’adoration du Dieu trois fois saint et souverainement aimable confond d’humilité et donne assurance à nos supplications.

L’adoration telle qu’elle m’a été demandée à expliquer semble concerner le cas particulier d’une forme d’oraison devant Jésus, devant le Saint Sacrement présent au tabernacle ou exposé sur l’autel.

Le catéchisme de l’Eglise catholique nous dit que l’oraison mentale est l’expression simple du mystère de la prière. Elle est un regard de foi fixé sur Jésus, une écoute de la Parole de Dieu, un silencieux amour. Elle réalise l’union à la prière du Christ dans la mesure où elle nous fait participer à son Mystère. L’oraison est un commerce intime d’amitié où l’on s’entretient seul à seul avec ce Dieu dont on se sait aimé. L’oraison cherche « celui que mon cœur aime ». Or ma foi me certifie que Jésus est présent de la façon la plus forte et la plus réelle qui soit dans l’Eucharistie.
C’est donc la façon la plus forte de faire oraison que de la faire en présence de Jésus Eucharistie présent au tabernacle, ou mieux encore, exposé visiblement sur l’autel. En effet, on préfère voir celui qu’on aime plutôt que de juste savoir qu’il est présent derrière un mur ou une porte !
Dans l’adoration, je cherche à rencontrer celui que j’aime, à passer du temps avec Lui, simplement par ce que ça m’est nécessaire, parce que je l’aime et que j’ai besoin d’être avec Lui.

Le choix du moment et de la durée de mon adoration relève d’une volonté déterminée qui révèle l’amour secret de mon cœur pour Dieu.
On ne va pas adorer quand on a le temps, mais on prend le temps d’être avec Lui, pour Lui, avec la ferme détermination de ne pas le Lui reprendre en cours de route, quelles que soient les épreuves et la sécheresse de la rencontre. Fixer l’heure et la durée de mon adoration, c’est déjà un premier acte d’amour très agréable au Seigneur.

L’entrée en adoration est le premier travail, la première action de l’homme, qui consiste à se rendre disponible à l’action et à l’amour de Dieu.
Je rassemble mon cœur, je recueille mon attention, je dépose les valises de mes soucis et de mes tracas sous la bonne garde de Jésus qui s’occupera si bien de mes affaires pendant que je m’occupe de Lui.
Je mets tout mon être sous la mouvance, sous la conduite de l’Esprit Saint, en laissant à Dieu le droit d’être Dieu, en lui laissant carte blanche pour vivre en moi et me transformer en Lui. Pour cela, je prends conscience que Jésus qui est face à moi est aussi en moi. J’habite le temple de Dieu que je suis. Je m’adresse à Celui qui vit en moi, au cœur même de mon être. J’éveille ma foi pour entrer en la présence de Celui qui m’attend déjà. Je ne le fais pas venir, je réalise seulement la chance inouïe que j’aie de me tenir en sa présence. Je me remets à Lui comme une offrande à purifier et à transformer.

Pour cela, rien de tel que de regarder Jésus dans l’Eucharistie. Si Jésus prend la peine de se montrer, je le regarde en face. L’adoration est un regard de foi fixé sur Jésus. " Je L’avise et Il m’avise ", disait, au temps de son saint curé, le paysan d’Ars en prière devant le Tabernacle.
En regardant la grande hostie exposée dans l’ostensoir, je n’observe pas quelque chose qui me fait penser à Jésus, mais je suis vraiment face à face avec Lui.
J’ai non seulement le droit, mais le devoir de deviner l’intensité et la bienveillance absolue du regard qu’Il porte sur moi à l’instant même. Et que je sais que je suis encore en-dessous de la réalité.

L’adoration est une écoute de la parole de Dieu. Cela suppose que je l’ai déjà reçue et retenue auparavant. Ce n’est plus le moment de lire la Bible ou de méditer sur les évènements de ma vie pour y trouver des signes de Dieu. Cela, je l’ai déjà fait avant, et c’est le résultat de cette écoute préalable de Dieu que je fais remonter dans mon cœur pour entretenir le dialogue d’amour avec Lui.
Jésus nous l’a promis dans l’évangile : l’Esprit Saint vous rappellera toutes les paroles que je vous ai dites. Pendant l’adoration, je ne cherche pas à faire du jus de cerveau en réfléchissant intensément, mais j’alimente simplement mon cœur à cœur avec ce que l’Esprit Saint me rappelle des paroles ou des signes d’amour de Dieu pour moi.
Mon adoration est un silence respectueux face au Dieu toujours plus grand. Les paroles dans l’oraison ne sont pas des discours mais des brindilles qui alimentent le feu de l’amour. C’est dans ce silence, insupportable à l’homme " extérieur ", que le Père nous dit son Verbe incarné, souffrant, mort et ressuscité, et que l’Esprit filial nous fait participer à la prière de Jésus. Je ne suis pas obligé de parler sans cesse. Dans une amitié bien comprise, je laisse à Dieu le droit d’en placer une ! Et même si je n’entends rien, je lui laisse le droit de me regarder en silence avec amour ! Peu importe si je ne trouve rien à lui dire. Lui présenter toute ma vie, l’état de mon cœur, est déjà l’adoration en esprit et en vérité que recherche Dieu le Père.
Si je ressens la sécheresse, la distraction ou l’ennui, cela ne veut pas dire que mon adoration est infructueuse. Jésus voit mon désir d’être avec Lui qui me fait sans cesse ramener mon attention à sa présence amoureuse. C’est le désir et la volonté persévérante d’être avec Lui qui fait toute la valeur de mon adoration aux yeux du Seigneur, et non le ressenti psychologique que j’en ai.

Mais tout ce discours que je viens de vous faire ne sert à rien si vous ne passez pas vous-même aux travaux pratiques. Dès ma prochaine adoration tout à l’heure, je vais prier spécialement pour la vôtre !
Bon courage, le Seigneur est avec vous, et il vous aime beaucoup !



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